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Numéro d'enregistrement meublé de tourisme : le guide 2026
Le téléservice national annoncé par la loi Le Meur n'est pas encore ouvert : la démarche reste communale. Ce qui est certain, ce qui ne l'est pas, et les montants d'amende réellement applicables.

Un hôte reçoit un message de sa plateforme un mardi soir : son annonce sera retirée faute de numéro d'enregistrement valide. Il a pourtant déclaré son logement en mairie deux ans plus tôt, il a même un papier quelque part dans un tiroir. Mais le numéro recopié dans l'annonce comporte douze caractères au lieu de treize, et personne ne lui a jamais expliqué que ce détail comptait. Trois réservations sont dans la balance, et le service client répond en quarante-huit heures.
Ce scénario n'a rien d'exceptionnel, surtout en ce moment. Depuis la loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, la France remplace un patchwork de règles communales par un régime d'enregistrement unique. La transition est en cours, elle n'est pas terminée, et c'est précisément dans ces périodes-là que les hôtes se trompent : soit ils croient devoir refaire une démarche qui n'existe pas encore, soit ils croient être en règle alors que leur commune a changé ses conditions. Voici l'état du droit à la date de rédaction, ce qui est certain, ce qui ne l'est pas, et où ce numéro doit apparaître — y compris dans le livret que vos voyageurs ont entre les mains.
Ce qu'est le numéro d'enregistrement, et ce qu'il n'est pas
Le numéro d'enregistrement est un identifiant attribué à un logement précis, pas à vous. Si vous louez trois appartements, vous aurez trois numéros. Si vous vendez le bien, le numéro ne suit pas l'acheteur : il devra faire sa propre démarche.
Ce numéro compte 13 caractères, répartis en trois groupes : les 5 chiffres du code géographique de la commune, 6 chiffres d'identifiant unique, puis 2 caractères alphanumériques de clé de contrôle. C'est utile à savoir, car beaucoup d'annonces sont refusées pour une simple faute de recopie : un chiffre inversé, la clé tronquée, un espace en trop. Avant d'accuser la plateforme, comptez les caractères.
Ce que le numéro n'est pas :
- Ce n'est pas une autorisation. Obtenir un numéro ne signifie pas que vous avez le droit de louer. Dans une commune soumise au changement d'usage, c'est l'autorisation du maire qui donne ce droit, pas le numéro.
- Ce n'est pas un SIRET. Le SIRET vient de l'Insee via le guichet des formalités des entreprises, pour la partie fiscale et sociale. Les deux démarches sont distinctes et toutes deux nécessaires.
- Ce n'est pas un classement en étoiles. Le classement meublé de tourisme est volontaire, payant, réalisé par un organisme accrédité, et il a des effets fiscaux. L'enregistrement, lui, est obligatoire et gratuit.
- Ce n'est pas la taxe de séjour. Beaucoup de communes utilisent la même plateforme pour les deux, ce qui entretient la confusion, mais ce sont deux obligations séparées.
Où en est la loi : le téléservice national n'est pas encore ouvert
C'est le point que beaucoup d'articles publiés au printemps ont raté, et il est décisif.
La loi Le Meur prévoit un téléservice national d'enregistrement qui remplacera les guichets communaux et rendra l'enregistrement obligatoire dans toutes les communes de France, y compris celles qui ne demandaient rien jusqu'ici. La loi fixait une échéance au plus tard le 20 mai 2026, et beaucoup de publications ont annoncé une bascule à cette date. Dans les faits, à la date de rédaction de cet article, ce téléservice national n'est pas ouvert aux loueurs. Service-public.gouv.fr indique une mise en service « prévue au quatrième trimestre 2026 », sans date ferme.
Concrètement, cela veut dire trois choses :
- Tant que le portail national n'est pas ouvert, la démarche reste communale. Vous déclarez auprès de votre mairie, selon la procédure qu'elle applique.
- Si vous avez déjà un numéro délivré par votre commune, gardez-le. Il reste valable, il doit figurer sur vos annonces, et il n'y a rien à refaire dans l'immédiat.
- Quand le portail ouvrira, une période de transition est prévue pour permettre aux hôtes déjà enregistrés de basculer vers le régime national. Ses modalités et sa durée exactes ne sont pas connues à ce jour.
Une recommandation, donc : ne payez personne pour « obtenir votre numéro national » aujourd'hui, il n'existe pas encore. Et vérifiez auprès de votre mairie l'état de votre dossier, car c'est elle qui reste votre interlocuteur jusqu'à la bascule. Le calendrier ayant déjà glissé une fois, considérez toute date circulant sur les réseaux comme une hypothèse tant qu'elle n'est pas confirmée sur service-public.gouv.fr.
Déclaration, enregistrement, changement d'usage : trois choses différentes
C'est la confusion la plus coûteuse. Trois régimes se superposent et n'ont ni le même déclencheur, ni les mêmes conséquences.
La déclaration simple en mairie
Le régime de base. Vous remplissez le formulaire Cerfa n° 14004 et vous l'adressez à la mairie du lieu du logement, en recommandé avec accusé de réception. Aucun numéro n'est délivré : c'est une formalité déclarative, rien de plus. Historiquement, la résidence principale louée occasionnellement en était dispensée dans les communes sans régime d'enregistrement — c'est justement cette exception que la généralisation nationale doit faire disparaître.
L'enregistrement avec numéro
Dans les communes qui ont adopté une délibération en ce sens — et elles sont nombreuses, bien au-delà des grandes villes — la déclaration se fait via un service en ligne et génère le numéro à 13 caractères. Ce numéro doit figurer sur chaque annonce, quelle que soit la plateforme, et sur les annonces papier. C'est ce régime que le téléservice national va étendre à tout le territoire. Pour savoir si votre commune l'a instauré, il n'existe pas de liste nationale fiable : appelez la mairie.
L'autorisation de changement d'usage
C'est le niveau le plus lourd, et le plus mal compris. Transformer un local d'habitation en meublé de tourisme est juridiquement un changement d'usage qui suppose une autorisation préalable du maire. Il s'applique de plein droit à Paris, dans les communes de plus de 200 000 habitants et dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ; il peut être instauré par délibération ailleurs, faculté que la loi Le Meur a précisément élargie.
L'autorisation peut être limitée dans le temps, soumise à quota, et à Paris soumise à compensation — transformer un logement en meublé suppose d'en remettre un autre sur le marché locatif. Une résidence principale louée dans la limite légale n'est en principe pas concernée par le changement d'usage. Pour tout le reste, la question se pose, et elle se pose commune par commune. Appelez votre mairie avant d'acheter, pas après.
Les sanctions : les montants réellement applicables
Il faut être précis ici, parce que les chiffres circulent en désordre, y compris dans des articles très partagés. Voici ce que prévoient les textes en vigueur.
- Défaut de déclaration simple (commune sans régime d'enregistrement) — contravention de 3e classe : jusqu'à 450 € pour une personne physique, 2 250 € pour une personne morale.
- Défaut d'enregistrement dans une commune qui l'impose, ou absence du numéro sur l'annonce — amende pouvant atteindre 5 000 € par local, selon la procédure de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme. Le chiffre de 10 000 € souvent cité pour ce cas est inexact.
- Dépassement du plafond annuel de location d'une résidence principale, ou défaut de transmission du décompte des nuitées au maire qui le demande — jusqu'à 10 000 €.
- Fausse déclaration ou usage d'un faux numéro — jusqu'à 20 000 €.
- Changement d'usage sans autorisation — l'amende civile de l'article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation a été portée à 100 000 € par local irrégulièrement transformé, à quoi peuvent s'ajouter une astreinte et l'obligation de retour à l'usage d'habitation. C'est la sanction la plus lourde, et de très loin.
Deux précautions honnêtes. D'une part, ces montants sont des plafonds : le juge ou le maire module selon la situation. D'autre part, la loi Le Meur prévoit de transformer une partie de ces sanctions en amendes administratives prononcées directement par le maire ; cette bascule est liée aux textes d'application et au calendrier réel du dispositif national, et n'est donc pas encore pleinement effective. Si vous êtes déjà en litige, ne vous fiez pas à un article de blog, y compris celui-ci : consultez un avocat.
Les 120 jours, le DPE, la copropriété : les pièges autour du numéro
Le numéro obtenu, trois règles continuent de courir en arrière-plan.
Le plafond de la résidence principale. Une résidence principale ne peut être louée en meublé de tourisme au-delà de 120 jours par année civile. Depuis le 1er janvier 2025, une commune située en zone tendue peut, par délibération motivée, abaisser ce plafond à 90 jours ; cette faculté doit être étendue aux autres communes en même temps que le dispositif national. Vérifiez si la vôtre l'a fait : c'est une délibération locale, elle ne fait pas la une des journaux. Par ailleurs, un même client ne peut occuper le logement plus de 90 jours consécutifs — au-delà, on sort de la définition du meublé de tourisme.
Le diagnostic de performance énergétique. Depuis le 21 novembre 2024, un meublé nouvellement mis en location dans une commune soumise à l'autorisation de changement d'usage doit présenter un DPE classé entre A et E. Et au 1er janvier 2034, l'ensemble du parc devra justifier d'un DPE entre A et D, que le logement soit ou non soumis au changement d'usage. C'est loin, mais cela change les calculs d'un achat fait aujourd'hui.
La copropriété. Le règlement de copropriété peut interdire l'activité, et la loi de 2024 a facilité les décisions d'assemblée générale en la matière. Relisez votre règlement avant d'investir : une clause d'habitation bourgeoise stricte suffit à rendre l'activité contestable, numéro ou pas.
Où afficher le numéro : annonce, contrat, livret d'accueil
L'obligation légale porte sur les annonces. Sur Airbnb, Booking, Abritel, sur votre site direct, sur une annonce papier : le numéro doit y être, lisible, exact.
Mais il y a un endroit où presque personne ne le met et où il rend un vrai service : le livret d'accueil. Trois raisons concrètes.
- La preuve de sérieux. Un voyageur qui trouve le numéro d'enregistrement, le nom de la commune et le contact de l'hôte dans le livret sait qu'il est chez quelqu'un de déclaré. C'est un signal de confiance qui ne coûte rien.
- La taxe de séjour. C'est l'endroit pour dire son montant, qui la collecte et pourquoi elle apparaît sur la facture. Une bonne part des messages désagréables à l'arrivée vient de là.
- Le contrôle. Si un agent municipal passe, si un voisin s'interroge, si un voyageur pose la question, l'information est écrite, et vous n'avez pas à répondre à 23 h.
Une mention sobre suffit. Un encadré en fin de livret, ou une ligne dans la page « informations pratiques » :
Logement déclaré. Meublé de tourisme enregistré auprès de la commune de [ville], numéro [13 caractères]. Taxe de séjour : [montant] par personne et par nuit, collectée par [plateforme ou hôte] pour le compte de [collectivité].
Rien de plus. Le livret n'est pas un document juridique et n'a pas à ressembler à un bail. Si vous cherchez la liste de ce qui a vraiment sa place dedans, elle est détaillée dans que mettre dans un livret d'accueil, et la méthode complète dans comment faire un livret d'accueil.
Ce qu'il faut écrire à côté du numéro
Le numéro seul ne règle rien. Ce qui protège vraiment un hôte, c'est un livret qui énonce les règles avant qu'elles ne soient enfreintes.
- Les règles de la maison — bruit, fêtes, nombre d'occupants, animaux. Ces règles n'ont de valeur que si le voyageur les a lues ; la façon de les formuler sans agressivité est expliquée dans notre article sur le règlement intérieur d'une location saisonnière.
- Le tri et les déchets — jours de collecte, emplacement des conteneurs. C'est un motif fréquent de plainte de voisinage, donc de signalement en mairie.
- Les contacts utiles — vous, un numéro de secours local, le gestionnaire s'il y en a un.
- Les horaires d'arrivée et de départ — écrits, pas seulement dans un message qui se perd au fil de la conversation.
Chez BoboGuest, ces informations ont leur emplacement prévu dès la génération du livret : numéro d'enregistrement, taxe de séjour et règles de la maison, en ligne comme sur la version imprimée. Vous pouvez regarder un exemple avant de décider quoi que ce soit.
En résumé, la marche à suivre aujourd'hui
- Appelez votre mairie et posez deux questions : ma commune impose-t-elle un enregistrement, et impose-t-elle une autorisation de changement d'usage ?
- Faites la démarche communale qu'elle vous indique, Cerfa 14004 ou téléservice local.
- Recopiez le numéro caractère par caractère dans toutes vos annonces, puis relisez-le.
- Vérifiez le plafond de jours applicable dans votre commune, 120 ou 90.
- Surveillez l'ouverture du téléservice national, annoncée pour le quatrième trimestre 2026, et prévoyez de basculer votre dossier pendant la période de transition.
- Ajoutez le numéro à votre livret d'accueil, avec la taxe de séjour et les règles de la maison.
Une dernière chose, et elle est importante : la réglementation des meublés de tourisme est locale. Deux communes voisines peuvent appliquer des règles opposées. Rien de ce qui est écrit ici ne remplace un appel au service urbanisme de votre mairie, et pour les situations à enjeu — un achat, un litige, une mise en demeure — l'avis d'un professionnel du droit.
Pour finir
Questions fréquentes
Le numéro d'enregistrement est-il obligatoire dans toutes les communes ?
Pas encore. Aujourd'hui, il n'est obligatoire que dans les communes qui ont adopté une délibération instaurant l'enregistrement. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 prévoit de généraliser l'obligation à toutes les communes de France via un téléservice national, dont la mise en service est annoncée pour le quatrième trimestre 2026. En attendant, seule votre mairie peut vous dire si vous êtes concerné.
Le téléservice national de déclaration est-il ouvert ?
Non, pas à la date de rédaction de cet article. La loi fixait une échéance au plus tard le 20 mai 2026 et beaucoup de publications ont annoncé une bascule à cette date, mais service-public.gouv.fr indique une mise en service prévue au quatrième trimestre 2026, sans date ferme. La démarche reste donc communale. Méfiez-vous de tout service payant qui prétend délivrer un numéro national dès maintenant.
J'ai déjà un numéro délivré par ma mairie : dois-je le refaire ?
Non, pas dans l'immédiat. Votre numéro communal reste valable et doit continuer de figurer sur vos annonces. Quand le portail national ouvrira, une période de transition est prévue pour permettre aux hôtes déjà enregistrés de basculer vers le régime national ; ses modalités et sa durée ne sont pas connues à ce jour. Vérifiez simplement que le numéro affiché correspond bien à l'adresse du logement.
Quelle est la différence entre déclaration et autorisation de changement d'usage ?
La déclaration est une formalité déclarative qui, dans les communes concernées, vous donne un numéro. L'autorisation de changement d'usage est une décision du maire qui vous donne le droit de transformer un logement d'habitation en meublé de tourisme, et elle peut être refusée, encadrée par un quota, ou soumise à compensation. Avoir un numéro ne vaut pas autorisation. Dans les zones concernées, louer sans autorisation expose à une amende civile pouvant atteindre 100 000 € par local, selon l'article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation.
Quelles amendes en cas de défaut d'enregistrement ?
Dans une commune qui impose l'enregistrement, le défaut d'enregistrement ou l'absence du numéro sur l'annonce peut être sanctionné jusqu'à 5 000 € par local, au titre de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme — et non 10 000 €, chiffre souvent cité à tort. Le plafond de 10 000 € vise le dépassement du nombre de jours autorisé ou le défaut de transmission du décompte des nuitées, et celui de 20 000 € la fausse déclaration ou l'usage d'un faux numéro. Dans une commune sans enregistrement, l'absence de déclaration simple est une contravention de 3e classe, jusqu'à 450 €. Ce sont des plafonds, modulables.
Peut-on louer une résidence principale plus de 120 jours par an ?
Non. Le plafond légal est de 120 jours par année civile. Depuis le 1er janvier 2025, une commune située en zone tendue peut l'abaisser à 90 jours par délibération motivée, et cette faculté doit être étendue aux autres communes avec le dispositif national. Vérifiez auprès de votre mairie le plafond réellement applicable chez vous : la délibération est locale et peu médiatisée.
Faut-il mettre le numéro d'enregistrement dans le livret d'accueil ?
La loi ne l'exige pas : l'obligation porte sur les annonces. Mais c'est une bonne pratique. Le voyageur voit qu'il est chez un hôte déclaré, la taxe de séjour est expliquée au bon endroit, et l'information est disponible si un voisin ou un agent municipal pose la question. Une ligne dans la page « informations pratiques » suffit, avec le nom de la commune et le numéro à 13 caractères.
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