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Taxe de séjour en location saisonnière : le guide clair 2026
Qui paie, qui collecte, qui reverse : le barème 2026, les parts départementale et régionale, ce qu'Airbnb fait automatiquement et ce que Booking ne fait pas. Et les sept lignes à écrire dans votre livret pour ne plus recevoir de message à 22 h sur le sujet.

Il est 22 h, la veille d'une arrivée. Un voyageur vous écrit : « Pourquoi 19,80 € en plus sur ma facture ? Je croyais que tout était compris. » Vous répondez « c'est la taxe de séjour », il répond « c'est quoi ? ». Vous voilà à expliquer par messages, à 22 h, un mécanisme fiscal que vous n'avez vous-même jamais complètement démêlé. Le problème n'est pas la somme — vingt euros — c'est la confiance : le voyageur a l'impression qu'on lui a ajouté une ligne au dernier moment.
La taxe de séjour est la seule ligne de votre annonce dont vous n'encaissez rien, et c'est celle qui déclenche le plus de messages. Elle est votée par votre commune, encadrée par un barème national, parfois collectée par la plateforme, parfois pas du tout. Voici ce que dit le droit en 2026, ce qu'Airbnb fait à votre place, ce qu'il ne fait pas — et la manière la plus simple d'en finir avec la question : l'écrire noir sur blanc, une fois, dans votre livret d'accueil.
Qui paie, qui collecte, qui reverse
Trois rôles distincts, et c'est là que naissent presque tous les malentendus.
- Le voyageur est le redevable. C'est lui qui paie la taxe de séjour au régime réel. Elle ne sort jamais de votre poche et ne fait pas partie de vos recettes locatives.
- Vous êtes le collecteur. Vous encaissez la taxe pour le compte de la collectivité, vous la faites apparaître séparément du prix de la location, et vous la reversez au receveur municipal aux dates fixées par la délibération locale.
- La commune ou l'intercommunalité est la bénéficiaire. Elle vote l'instauration de la taxe et ses tarifs, avant le 1er juillet, pour une application au 1er janvier suivant. S'y ajoutent, quand elles existent, une part départementale et une part régionale.
Une conséquence pratique : la taxe de séjour n'est pas une commission, pas un supplément de ménage, pas une marge déguisée. Si un voyageur vous accuse de « gonfler le prix », la bonne réponse est de lui montrer l'affiche tarifaire de la commune. Elle existe, elle est publique, et elle porte le tarif exact applicable à votre catégorie d'hébergement.
Le barème national 2026 : ce que la loi autorise
L'État fixe une fourchette par catégorie d'hébergement, la collectivité choisit son tarif à l'intérieur. Les plafonds sont réindexés chaque année sur l'indice des prix à la consommation hors tabac : la hausse retenue pour 2026 est de 1,8 %. Voici le barème applicable en 2026, publié par la direction générale des collectivités locales, en euros par personne et par nuit :
- Palaces — de 0,70 € à 4,90 €
- Hôtels, résidences et meublés de tourisme 5 étoiles — de 0,70 € à 3,60 €
- Hôtels, résidences et meublés de tourisme 4 étoiles — de 0,70 € à 2,60 €
- Hôtels, résidences et meublés de tourisme 3 étoiles — de 0,50 € à 1,70 €
- 2 étoiles et villages de vacances 4 et 5 étoiles — de 0,30 € à 1,00 €
- 1 étoile, villages de vacances 1 à 3 étoiles, chambres d'hôtes, auberges collectives — de 0,20 € à 0,80 €
- Campings 3, 4 et 5 étoiles, aires de camping-cars — de 0,20 € à 0,60 €
- Campings 1 et 2 étoiles ou non classés, ports de plaisance — 0,20 €
Ces chiffres sont des plafonds nationaux, pas des tarifs. Votre commune peut avoir voté beaucoup moins. Seule sa délibération fait foi.
Le cas le plus fréquent : le meublé non classé
La majorité des locations courte durée n'ont pas d'étoiles. Elles relèvent alors du tarif proportionnel : selon l'article L. 2333-30 du code général des collectivités territoriales, entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée hors taxes, par personne, le pourcentage étant voté par la collectivité. Ce montant est plafonné par la loi au tarif le plus élevé adopté par cette collectivité — soit, dans l'absolu, 4,90 € en 2026 si elle a retenu le plafond de la catégorie palaces, souvent beaucoup moins en pratique.
Un exemple concret. Votre appartement non classé est loué 120 € la nuit hors taxes, pour 4 voyageurs. Le coût par personne est de 30 €. Si votre commune a voté 5 %, la part communale est de 1,50 € par personne et par nuit. Avec une part départementale de 10 %, on arrive à 1,65 €. Pour 4 personnes et 3 nuits : 19,80 €. C'est exactement la ligne qui a déclenché le message de 22 h.
Attention à un piège : le calcul porte sur le prix de l'hébergement hors taxes, pas sur le montant total payé sur la plateforme. Les frais de service de la plateforme n'entrent pas dans l'assiette. Le traitement des frais de ménage, lui, s'apprécie au cas par cas — quand vous avez un doute, le service taxe de séjour de votre intercommunalité répond, et il répond vite. C'est aussi lui qui tranchera si votre logement est classé en cours d'année.
Les parts additionnelles : département, région, et l'exception francilienne
Le tarif communal n'est presque jamais le montant final. Deux étages peuvent s'ajouter, et ils se calculent en pourcentage de la part communale.
- La taxe additionnelle départementale — 10 %. Prévue à l'article L. 3333-1 du code général des collectivités territoriales, elle est instituée par une large majorité de départements, sans être universelle. Elle finance des dépenses de développement touristique.
- La taxe additionnelle régionale. Elle finance de grandes infrastructures de transport. Elle est de 34 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis le 1er janvier 2023, et de 34 % dans les départements concernés de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie depuis le 1er janvier 2024. Toutes les régions ne l'ont pas instaurée, et à l'intérieur des deux dernières, tous les départements ne sont pas couverts : vérifiez avant de calculer.
Autrement dit, un hôte niçois ou toulousain applique une part communale, plus 10 %, plus 34 %. Cela ne change rien à votre trésorerie — c'est le voyageur qui paie — mais cela change beaucoup la ligne affichée, et donc le nombre de questions que vous recevrez.
L'Île-de-France est un cas à part, et il vaut la peine de s'y arrêter. Trois majorations peuvent s'empiler sur le tarif communal : la part départementale de 10 %, une taxe additionnelle de 15 % au profit de la Société des grands projets (métro du Grand Paris), en place depuis 2019, et une taxe additionnelle régionale de 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités, instituée par la loi de finances pour 2024 et applicable depuis le 1er janvier 2024. Un tarif communal de 1 € peut ainsi devenir une ligne à plus de 3 € pour le voyageur. Si votre logement est en Île-de-France, ne vous fiez pas à un article de blog, y compris celui-ci : lisez l'affiche tarifaire de votre commune pour l'année en cours. C'est le seul document opposable, et c'est celui que vous pourrez montrer à un voyageur qui conteste.
Réel ou forfait : deux logiques opposées
Deux régimes coexistent, et ils n'ont ni le même redevable ni la même logique.
Le régime au réel est celui de l'immense majorité des meublés de tourisme. La taxe est due par le voyageur, calculée sur les nuitées réellement vendues, par personne non exonérée. Un logement vide ne produit aucune taxe. C'est le régime que vous connaissez si vous louez sur Airbnb.
Le régime au forfait est une autre affaire. Il est dû par vous, le logeur, et non par le voyageur. Le montant se calcule sur la capacité d'accueil du logement multipliée par le tarif et par le nombre de nuits de la période d'ouverture, avec un abattement voté localement en fonction de la durée d'ouverture. Conséquence : vous payez même si le logement est resté vide. Ce régime est surtout retenu pour les campings et les villages de vacances, rarement pour les meublés, mais il existe. Vérifiez dans la délibération de votre collectivité lequel des deux s'applique à votre catégorie — c'est la première chose à faire, avant tout calcul.
Ce qu'Airbnb fait automatiquement, et ce qu'il ne fait pas
Depuis 2019, les plateformes qui encaissent le paiement pour le compte de loueurs non professionnels sont collectrices légales de la taxe de séjour. Mais « les plateformes » ne se comportent pas toutes de la même manière.
- Airbnb collecte et reverse automatiquement sur les réservations passées via la plateforme, dans les communes concernées. Vous ne pouvez pas refuser cette collecte, et vous n'avez rien à reverser sur ces nuitées.
- Booking.com est un cas à part. La collecte n'est pas automatique par défaut : elle dépend du paramétrage de votre hébergement dans l'extranet (rubrique taxes et frais) et de votre statut. Si elle n'est pas activée, ou si vous êtes enregistré comme professionnel, c'est à vous d'encaisser et de reverser. Beaucoup d'hôtes le découvrent tard.
- La réservation directe, jamais. Site personnel, bouche-à-oreille, client qui revient : aucune plateforme n'intervient. Vous collectez, vous déclarez, vous reversez. Sans exception.
Trois erreurs reviennent constamment. La première : croire qu'Airbnb vous dispense de toute obligation — il ne dispense que de la collecte, pas de la déclaration de vos nuitées hors plateforme. La deuxième : ne pas tenir de registre des nuitées (dates, nombre de personnes, nuits, exonérations) alors qu'il est votre seule défense en cas de contrôle. La troisième : encaisser la taxe en espèces sans reçu, puis ne rien reverser — c'est une somme perçue pour le compte d'un tiers, et son défaut de reversement est sanctionné.
Un mot sur le calendrier réglementaire, parce qu'il croise le sujet : la loi dite Le Meur du 19 novembre 2024 a généralisé le numéro d'enregistrement des meublés de tourisme sur tout le territoire, via un téléservice national unique, dont la mise en place était prévue au plus tard le 20 mai 2026. Ce numéro n'est pas la taxe de séjour, mais les deux dossiers se traitent auprès de la même collectivité et il vaut mieux les régler ensemble. Le défaut d'enregistrement expose à une amende administrative prononcée par le maire, pouvant aller jusqu'à 10 000 €, et jusqu'à 20 000 € en cas de fausse déclaration ou d'usage d'un faux numéro.
Les exonérations prévues par la loi
L'article L. 2333-31 du code général des collectivités territoriales fixe une liste courte et limitative. Sont exonérés :
- les personnes mineures — un couple avec deux enfants de 10 et 14 ans paie pour deux personnes, pas quatre ;
- les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
- les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire ;
- les personnes occupant des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par le conseil municipal.
C'est tout. Il n'existe pas d'exonération générale pour les étudiants, les retraités, les longs séjours ou les demandeurs d'emploi. L'exonération des mineurs est de loin la plus fréquente et la plus source de disputes : elle justifie à elle seule d'inscrire une ligne explicite dans votre livret.
Ce que votre livret d'accueil doit dire, exactement
C'est ici que le sujet cesse d'être fiscal et devient une question d'hospitalité. Un voyageur ne conteste pas un montant, il conteste une surprise. Sept lignes suffisent à supprimer la surprise, et elles doivent être présentes que votre livret soit un document en ligne ou un livre posé sur la table :
- Ce que c'est. « La taxe de séjour est une taxe locale versée à la commune de X. Elle finance l'accueil touristique. Elle ne revient pas au propriétaire. »
- Le tarif exact applicable à ce logement, par personne et par nuit, parts départementale et régionale comprises. Pas une fourchette : le chiffre.
- Qui est exonéré. « Les moins de 18 ans ne paient pas. »
- Si elle est déjà réglée ou non. « Réservation via Airbnb : la taxe a été prélevée lors du paiement, vous n'avez rien à régler sur place. » / « Réservation directe : la taxe est à régler à l'arrivée. »
- Comment la payer, si elle est due sur place, et sous quelle forme.
- Un exemple chiffré pour un séjour typique du logement : « 4 adultes, 3 nuits : 19,80 €. »
- Où vérifier. Le nom du service taxe de séjour de la collectivité, ou le lien vers son affiche tarifaire.
Ces sept lignes ont leur place dans la section pratique du livret, à côté des règles du logement et des informations d'arrivée — voir ce qu'il faut mettre dans un livret d'accueil. Si vous avez un règlement intérieur, placez la taxe juste avant : les deux répondent à la même question du voyageur, « qu'est-ce qu'on attend de moi ? ».
Deux détails font la différence. Si la taxe se règle à l'arrivée et que vous pratiquez un check-in autonome, dites-le avant le départ du voyageur, pas dans le livret qu'il découvrira sur place : personne n'aime apprendre qu'il doit de l'argent après avoir posé ses valises. Et si vous recevez des voyageurs étrangers, la mention doit être lisible dans leur langue — la notion même de taxe de séjour n'existe pas partout, et « city tax » ne veut pas dire grand-chose à tout le monde. Un livret en ligne se lit dans la langue du voyageur, ce qui règle ce point sans que vous ayez à traduire quoi que ce soit.
Le réflexe annuel qui évite les mauvaises surprises
Les tarifs sont révisés chaque année et les délibérations changent. Un rituel de dix minutes, chaque janvier :
- vérifier le tarif en vigueur auprès de votre commune ou de votre intercommunalité ;
- confirmer votre régime, réel ou forfaitaire, et votre catégorie de classement ;
- vérifier ce que collecte réellement chaque plateforme sur laquelle vous êtes présent, Booking en particulier ;
- mettre à jour la ligne correspondante dans votre livret et dans votre message d'avant-arrivée ;
- noter les dates de reversement dans votre agenda.
C'est peu de chose, et cela supprime l'essentiel des questions posées à 22 h sur le sujet. Un livret qui répond avant qu'on demande n'est pas seulement plus confortable pour vous : c'est aussi, très concrètement, ce qui distingue un séjour propre d'un séjour où le voyageur a eu l'impression, une fois, qu'on lui cachait quelque chose. Si vous voulez voir à quoi ressemble un livret qui traite ce genre de détail correctement, le composer en fabrique un à partir de votre annonce.
Sources consultées : barème 2026 de la taxe de séjour publié par la direction générale des collectivités locales (collectivites-locales.gouv.fr), articles L. 2333-29 à L. 2333-31, L. 3333-1, L. 2531-17 et L. 2531-18 du code général des collectivités territoriales (Légifrance), page « taxe de séjour » d'impots.gouv.fr, dossier taxes additionnelles de taxesejour.fr, loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 dite loi Le Meur. Les tarifs cités sont des plafonds nationaux : seul le tarif voté par votre collectivité fait foi.
Pour finir
Questions fréquentes
Airbnb collecte-t-il la taxe de séjour à ma place ?
Oui, pour les réservations passées via la plateforme dans les communes concernées : Airbnb prélève la taxe au moment du paiement et la reverse à la collectivité. Vous n'avez rien à faire sur ces nuitées et vous ne pouvez pas refuser cette collecte. En revanche, cela ne vous dispense ni de tenir votre registre des nuitées, ni de collecter vous-même sur vos réservations directes.
Et si je loue aussi sur Booking ou en direct ?
Sur Booking.com, la collecte n'est pas automatique par défaut : elle dépend du paramétrage de votre hébergement dans l'extranet, dans la rubrique taxes et frais, et de votre statut d'hôte. Si elle n'est pas activée, c'est à vous d'encaisser la taxe et de la reverser à la commune. Pour les réservations directes, aucune plateforme n'intervient jamais : vous collectez, vous déclarez et vous reversez vous-même.
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?
Non. L'article L. 2333-31 du code général des collectivités territoriales exonère toutes les personnes mineures. Une famille de deux adultes et deux enfants de 10 et 14 ans paie donc pour deux personnes seulement. C'est la source de litige la plus fréquente : mieux vaut l'écrire explicitement dans le livret d'accueil.
Combien coûte la taxe de séjour pour un meublé sans étoiles ?
Pour un hébergement non classé, la taxe est proportionnelle : entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée hors taxes par personne, le pourcentage étant voté par la commune, dans la limite du tarif le plus élevé qu'elle a adopté (au maximum 4,90 € en 2026, plafond national de la catégorie palaces). S'y ajoutent une part départementale de 10 % là où elle existe, et une part régionale là où une région l'a instituée. Seule l'affiche tarifaire de votre collectivité donne le montant exact.
Comment connaître le tarif exact applicable à mon logement ?
Le tarif est fixé par délibération de votre commune ou de votre intercommunalité, votée avant le 1er juillet pour l'année suivante. Le service taxe de séjour de la collectivité publie chaque année une affiche tarifaire qui donne la part communale, la part départementale et la part régionale par catégorie d'hébergement. C'est le seul document opposable : les fourchettes nationales ne sont que des plafonds.
Pourquoi la taxe est-elle si élevée en Île-de-France ?
Parce que plusieurs majorations s'y empilent sur le tarif communal : la part départementale de 10 %, une taxe additionnelle de 15 % au profit de la Société des grands projets depuis 2019, et une taxe additionnelle régionale de 200 % au profit d'Île-de-France Mobilités, applicable depuis le 1er janvier 2024. Le montant affiché au voyageur peut ainsi être plusieurs fois supérieur au seul tarif voté par la commune.
Dois-je déclarer la taxe de séjour dans mes revenus locatifs ?
Non. La taxe de séjour au régime réel est due par le voyageur, vous ne faites que la collecter pour le compte de la collectivité. Elle ne constitue pas une recette et doit apparaître séparément du prix de la location. Le régime forfaitaire est différent : là, la taxe est due par le logeur et se calcule sur la capacité d'accueil, que le logement soit occupé ou non.
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